Une Doula c’est quoi ?
Le mot « doula » vient du grec ancien et signifie « la femme esclave ».
Aux temps de Socrate et de Périclès, ce mot qualifiait la domestique qui s’occupait des tâches de la maison et en particulier des soins de sa maîtresse : sa beauté, sa santé, les soins, et naturellement la grossesse, l’accouchement et le post-partum.
Aujourd’hui, une doula est la personne qui accompagne et soutien avec bienveillance, inclusivité, présence et expérience les femmes, les familles et toute personne qui traverse une étape importante de sa vie, au-delà même de la période périnatale.
Elle n’a pas de rôle médical, ne pose pas de diagnostic et ne remplace aucun professionnel de santé. Au contraire, elle vient soutenir et compléter leur travail, en offrant un espace d’écoute, de présence et de continuité.
Un accompagnement global et profondément humain :
Les doulas sont formées pour apporter un soutien émotionnel, pratique et informatif.
Leur rôle est de prendre soin de ce qui ne relève pas du médical :
le vécu, le ressenti, le quotidien, l’intime…
Elles s’inscrivent dans une approche inclusive et respectueuse de chaque histoire, conscientes qu’il n’y a pas un seul chemin, pas une seule façon de vivre ces étapes. Chaque parcours est donc accueilli tel qu’il est, quels que soient l’origine, l’histoire personnelle, la situation familiale, l’orientation ou l’identité de chacun·e.
Aujourd’hui, une doula peut être présente lors de nombreux moments de transformation, par exemple :
• Le désir d’enfant
• Les divers chemins vers la parentalité (parcours sola/solo, PMA, FIV, adoption…)
• La grossesse
• L’accouchement
• Le post-partum
• L’interruption de grossesse (IVG, IMG)
• Les pertes et le deuil (périnatal ou non)
• Les grandes étapes du corps et de la vie (puberté, cycle menstruel, ménopause…).
La doula occupe une place unique, complémentaire aux professionnel•les de santé.
Elle apporte une présence continue, une écoute profonde et un soutien émotionnel à chaque instant.
Être doula, une histoire ancienne :
Bien avant que le mot « doula » n’existe, les femmes n’étaient pas seules pour accoucher et jusqu’à plusieurs siècles en arrière, la naissance était un événement profondément collectif et féminin.
Dans de nombreuses cultures et à travers les époques, les femmes en travail étaient entourées d’autres femmes : proches, voisines, mères, sœurs… qui venaient soutenir, rassurer et prendre soin. Certaines préparaient l’espace, d’autres apportaient à manger, massaient, réconfortaient, encourageaient. On chantait, on priait parfois, on transmettait des gestes, des savoirs, des expériences…
En Angleterre, jusqu’au XVIe siècleon appelait ces femmes présentes pendant l’accouchement et les semaines qui suivaient: les « Godsibs » .
Elles restaient auprès de la mère après la naissance, prenant soin d’elle et du quotidien, permettant ainsi un véritable temps de repos et de récupération.
La sage-femme faisait évidemment partie de ces cercles.
Elle en était la spécialiste, celle qui accompagnait l’accouchement sur le plan pratique, mais elle n’était pas seule : elle s’appuyait, elle aussi, sur cette présence collective déjà jugée essentielle au vécu de la naissance.
On retrouve aussi cette posture dans la mythologie grecque.
Galanthis, associée à la figure de la doula, est présente auprès d’Alcmène lors de la naissance d’Héraclès. Par son intuition, son soutien, la qualité de sa présence et la force de sa parole, elle contribue à débloquer une situation critique et permet à la naissance d’avoir lieu.
Le récit du mythe de Galanthis, met en lumière quelque chose d’essentiel : au-delà des gestes, il nous rappelle combien la confiance, la présence, l’attention et le soutien sont précieux pour bien entourer la naissance.
Avec le temps, ces présences et ces savoirs ont évolué, notamment avec la médicalisation de la naissance, qui a profondément transformé les façons de considérer et d’accompagner les femmes.
Aujourd’hui, la doula s’inscrit dans cette évolution en venant rééquilibrer et redonner une place à ce qui parfois s’efface:
l’écoute, la continuité, l’attention portée au vécu, la présence sur-mesure, la non-directivité… et ce, toujours en étroite collaboration avec les professionnel·les de santé.
Elle est, d’une certaine manière, l’écho contemporain de ces femmes qui, depuis toujours, entourent celles qui traversent les grands passages de la vie.
”Avec le temps, ces présences et ces savoirs ont évolué, notamment avec la médicalisation de la naissance, qui a profondément transformé les façons de considérer et d’accompagner les femmes pendant la naissances.”